vendredi 15 février 2013

Alain Caudine : Stage de Tui Shou à Wuyishan, janvier 2013

Ces 10 jours d’entraînement au pied des montagnes Wuyishan entre chinois et français sous la férule du maître Wang Xi’An ont été avec le recul, une expérience à la fois inoubliable et irremplaçable. Il était question de découvrir les aspects fondamentaux et ésotériques de la pratique du Tui Shou de combat.

Je ne parlerai ici, que de mon expérience pendant ces dix jours, où l’engagement physique intensif ne pouvait être feint sans quoi les résultats ne pouvaient aboutir.

Je ne regrette pas cette contribution sincère dans l’exercice et je pense qu'il en était ainsi pour nous tous.

Certes, j’avais déjà constaté au cours de mes nombreux voyages à Chenjiagou comment s’effectuait les entraînements de Tui Shou et exercices de combat propres à aguerrir les élèves, et même si j’étais capable de les reproduire et de m’en servir pour mes propres entraînements ou enseignements je ne les avais pas travaillés avec cette intensité. De plus, certaines découvertes récentes dans l’évolution de mon Taiji demandaient à être confirmées par l’expérimentation, et ce stage est tombé à point pour en tirer des conclusions positives.

Avoir assumé un tel engagement nécessitait du cœur, dans tous les sens du terme, celui qui pompe le sang, qui donne du cœur à l’ouvrage, qui pousse le souffle dans ses limites entraînant dans ces différents assauts, muscles, tendons, système nerveux et détermination avec une grande intensité.

Arthrose, tendinites, douleurs diffuses, fatigue extrême… mais qu'est ce que je fais là aurais-je pu me dire ? Je mentirais si je n’avouai pas qu’alors, des doutes m’ont assaillis, parce qu’enfin, faire du Taiji quan pour certains, n’est ce pas la meilleure façon d’économiser l’énergie du combat ? Et là, je m’essouffle, je m’éreinte, je m’échine…si ce n’était la confiance jamais déçue que j’avais en notre Maître, jamais je n’aurai continué cette expérience, aussi quelque chose me disais qu’il fallait poursuivre au bout de mes limites, voir les dépasser et là, je pense que le fait de ne pas avoir abandonné confirme que, avant de prétendre atteindre l’excellence, la lumière et étendre ses branches, l’arbre doit enfouir encore plus profondément ses racines.

Depuis près de vingt années Maître Wang xi’an a su nourrir ma curiosité et mon gout de la recherche, celle qui aboutit avec le temps à trouver (plutôt qu’à tâtonner et errer). Le Taiji de notre Maître nous oblige au courage, à la confiance et à la persévérance. Qui s’arrête en chemin aura été vaincu par le doute, la paresse et le manque de persévérance, dans ce cas, on ne peut aboutir au trésor du Taiji.

J’en conclu que le combat du Tai Ji Quan est un engagement total au niveau de l’esprit, et du corps. Notre intelligence devrait nous permettre d’amender les principes fondamentaux qui touche à notre corps physique, énergétique et spirituel, mais ce stage m’a fait comprendre que certains déclics ne pouvaient s’opérer qu’en poussant à l’extrême l’expérience de certaines limites.

Je pense qu’il en ait ainsi pour tous les arts martiaux, cependant pour avoir suivit d’autres expériences dans les Wushu, pour moi, celle du Taiji à été la plus grande révélation et du coup la plus grande libération. Mon corps à expulsé ce qui encombrait le geste juste à force de répétition, l’hésitation n’avait plus sa place,
l’intelligence ne venais plus de mon cerveau seul mais de la totalité de mon être, il savait lui mais je n’avais pas eu le loisir de le laisser s’exprimer à ce point et à point nommé. Le corps a fait exploser un reste de carapace s’il en était pendant ce stage et il a laissé s’exprimer l’évidence, celle qui me permettra dorénavant d’affiner mon travail personnel et désormais de l’ajuster à mon enseignement.

Maintenant plus que jamais mon esprit est marqué du sceau "certifié" pour les théories et les écrits du Maître qui ont inspiré ma pratique.

Bien évidemment le travail de recherche ne s’arrête jamais et je compte bien attiser ma curiosité et ma soif de connaissance dans la continuité de ma recherche personnelle, de développer encore plus de réceptivité à l’enseignement du Maître et dans la mesure de mes moyens, de faire partager mes avancées par l’enseignement au sein de mes responsabilités à l’IRAP.

Alain Caudine.

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